pic42

C'est rigolo comment avec la grossesse (9 mois tout de même) on a le temps de se former. Parce que oui, devenir parent demande une formation intense sous peine de ridiculisation violente quand on croise un semblable. Il aura fallu suivre quasiment toutes les émissions des Maternelles en replay, et lire (allez on peut le dire y'a prescription maintenant) plein de sites / blogs dédiés à la grossesse et à la maternité au boulot.

Au-delà de la « base » à connaître : comment grossit le bébé haricot, combien il pèse etc (j'avais même une appli qui me disait qu'en ce moment, le fœtus est gros comme une pomme...), il a fallu se familiariser avec du vocabulaire.

Si pour vous aussi les mots turbulette, gigoteuse, nid d'ange, chancelière, cosy, nacelle et j'en passe semblaient sortis d'un dictionnaire secret, que dire des mots qui font carrément peur : péridurale, forceps, maternité classe 3, vergetures, épisiotomie, suites de couches...

Au cours de ma formation j'ai trouvé mes marques de future maman peu à peu. J'ai découvert par exemple que le Laurence Pernoud « J'attends un enfant » était chiant à mourir et même vieux-jeu, et j'ai donc préféré lire des livres tels que « Bad Mother: A Chronicle of Maternal Crimes, Minor Calamities, and Occasional Moments of Grace » de Ayelet Waldman à hurler de rire mais également très impliquant, ou « Au monde, ce qu'accoucher veut dire » de Chantal Birman.

J'ai découvert Chantal Birman en cherchant un DVD de cours sur l'accouchement. Car nous avons suivi une préparation par l'haptonomie, et je trouvais que ces cours manquaient terriblement de notions terre-à-terre style « quand va-t-on à la maternité » ou « c'est quoi perdre les eaux » ? J'ai acheté les DVD et après le livre, en j'en ai fait mon héroïne de l'accouchement, ma star. Moi qui appréhendais à mort ce moment, j'en avais -presque- envie d'accoucher. Avec elle. Mais ça, c'était pas possible car elle ne travaillait pas dans la maternité dans laquelle mon Chéri m'avait inscrite dans les 24 heures de l'annonce de ma grossesse faute de places (j'exagère à peine). Je l'ai contactée et elle m'avait proposée de venir en consultation de suites de couches à la Maternité des Lilas en plein mois d’août, elle m'avait communiquée ses dates de congés et tout, mais plouf, une fois mon fils sorti et sans voiture, nous n'avions plus envie de faire 30 minutes de transports en commun. Quel raté. J'aurais tellement aimé ! Mon idole de la ventouse...

Bref, nous avons peu à peu tracé les contours non pas de quel genre de parents nous voulions être, mais ce que nous voulions donner à notre bébé.

Je voulais « essayer » d'allaiter et me laisser le choix si cela ne nous (mon bébé et moi) plaisait pas.

Je refusais par contre d'avoir mon bébé collé au sein à 2 ans. Je sais pas comment l'expliquer, ça me gêne pour moi. Je voulais retrouver ma liberté, mon corps, mes nichons.

On voulait préserver autant que possible son confort in utero. C'est à dire le porter en écharpe dès la sortie de la maternité, privilégier le peau à peau, le masser, et surtout respecter ses besoins primitifs. Et le mien il en a eu et pendant un moment, des besoins primitifs. Il a eu très tôt un gros besoin de succion et de bercement. Aussi, avons-nous passé des nuits entières à marcher dans la chambre, et à mettre notre doigt dans sa bouche les premiers mois (il crachait la sucette). Même la journée, il exigeait de moi que je fasse les 100 pas dans mon 30 m2, ou que je reste figée sur mon canapé pendant que lui dormait tranquillement mon doigt dans sa bouche. Si j'avais le malheur de le poser dans son lit, il me faisait ses yeux de hibou l'air de « t'as cru que je dormais ? Ben NON, ENCORE ! ».

Et ce « maternage » comme ceux-qui-savent-de-quoi-il-parlent disent, a connu des limites tout de même. Il n'a pas dormi avec nous plus de 3 semaines (dans notre lit j'entends, avant : hibou), il a retrouvé son lit, et à 2 mois il dormait dans sa chambre (ah ça c'était chaud quand même). Nous ne l'avons pas non plus « isolé » du reste du monde comme s'il était encore dans son liquide amniotique. Il avait atterri, il fallait quand même qu'il l'intègre. Il a vite voyagé en train, participé à des fêtes de famille, pris le bus et la pollution parisienne en pleine tête.

Maintenant qu'il a 6 mois, je réalise que ma formation n'est pas terminée, et qu'il semblerait qu'on ait encore et encore à apprendre... on a découvert la diversification, les -petits- problèmes de sommeil et d'addiction à la sucette (une fois qu'il l'a prise il est tombé amoureux), les dents, etc.

J'ai comme l'impression que ce ne sera jamais fini, ce travail de comprendre notre enfant pour qu'il pousse droit.

La photo du jour : une photo de lomo prise en Martinique, novembre 2011.

On en parle ou pas de la formation de parent ?