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C'est curieux car depuis quelques jours, j'ai l'impression que les billets sur la fatigue et l'épuisement s'enchaînent. Comme si on avait ouvert la porte, et que tout le monde s'y engouffrait. Le plus touchant à mon sens est ici, mais il y en a un extra ici.

J'avais déjà pensé à ce billet, un peu spécial, sur la fatigue. C'est rigolo que chacune s'y mette en même temps. Mais ce n'est pas de simple fatigue qu'il s'agit, mais bien de Fatigue, de Madame Fatigue, l'épuisement, le bout du rouleau, le ravin sous les yeux, le teint gris, l'impression de sentir chaque kilo de nous qu'on traîne. L'envie de pleurer perpetuelle.

S'il y a bien une chose que j'ai découverte grâce à la maternité c'est bien celle-ci : je ne suis pas invincible car la fatigue peut me tuer, m'anéantir. Comment l'expliquer ? 

Elle s'est installée lentement chez nous, après l'accouchement. J'était crevée, et peu mobile. Je ne me sentais pas bien dans mon corps, j'avais mal au bassin et être debout me donnait une impression d'"écrasement", de "tassement"(mmm...).

J'ai allaité plusieurs mois. N'étant pas d'une nature "imposante" cela a demandé à mon corps des ressources incroyables, alors qu'il venait de vivre une révolution déjà, une grossesse et un accouchement. J'ai du beaucoup tirer mon lait car je débordais, plus je tirais plus j'étais fatiguée. Mon Chéri a pris le relais sur plein de choses pratiques : courses, cuisine, ménage etc., en plus du bébé qu'il prenait aussi en charge. Il courait partout, s'essoufflant aussi.

Nous avons traversé les coliques des premières semaines et les pleurs de fin de journée ensemble, à se demander si tout ça finirait un jour. Mais je n'en pouvais plus, je passais certaines journées assise sur le canapé à faire téter mon petit doigt à mon fils qui ne supportait pas de faire autre chose, ou à marcher toute la journée avec lui sur mon avant bras, à tourner en rond dans un petit appartement parisien. J'avais envie de me mettre en boule et d'attendre, ou au contraire de prendre un sac et partir en courant pour aller dormir paisiblement 3 semaines. Nous avons pris la décision d'arrêter l'allaitement, nous nous étions mis d'accord au début que je continuerais tant que cela me conviendrait. Et là, plus rien ne me convenait. 

Mais le pire pour moi c'était la nuit. Le réveil en sursaut parce qu'il pleure. Quelle douleur, au bout d'une heure de sommeil, enfin ! Nous avons alterné les tours heureusement, et pour de vrai, je ne l'entendais pas à chaque fois, mon Chéri me l'amenait pour qu'il mange. Une fois cette phase passée nous avons cru qu'il faisait ses nuits pendant une semaine : hallelujah ! Mais non. Plus du tout. Il n'arrivait pas à se rendormir seul entre 2 cycles de sommeil. Aïe. Alors oui, merci Elisabeth Pantley pour nous avoir fait comprendre un tas de choses sur le sommeil des bébés, je pense que nous avons évité de faire un tas d'erreurs.

Mais nous... quel massacre ! J'ai pleuré chaque jour parfois, en même temps que mon bébé de temps en temps. Quand je ne le comprenais plus, quand il voulait que je sois son esclave alors que je n'en pouvais plus. Il s'acharnait sur moi et je trouvais ça injuste. Et je regardais les cernes se creuser sous les yeux de mon Chéri qui prenait tant le relais auntant que possible. C'était devenu un combat. On ne savait pas bien contre qui, mais cela ressemblait à une course de fond, alors que nous étions partis en sprint. 

Quels ravages pour le couple ! On constate que d'un coup plus rien ne va, que tout est problème, disputes, sujets de crises. Mais en fait c'est Elle qui parle. La Fatigue avec un grand F. Le temps d'en prendre conscience et de se serrer les coudes et c'est reparti... mais que d'énergie dépensée !

Alors voilà, on se relaye, on se ramasse quand l'autre est au fond. Le temps a fait qu'au bout de 6 mois tout va mieux dans l'ensemble, nous organisons notre temps ensemble de manière à ce que tout le monde puisse se reposer pour mieux profiter ensuite. On sort ensemble la tête de l'eau, doucement. Mais nous savons que la route sera longue, car un Gremlins ne nous suffira pas...

Je salue amoureusement mon Chéri qui m'a portée à bout de bras quand plus rien n'avait de sens. 

La photo du jour : juste des fleurs

 

On en parle ou pas de la Fatigue ?