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Bon allez, j'en parle sinon on va croire que je me cache et que je veux pas dire la vérité.
La grossesse. Hum. Ma grossesse. Point à la ligne.
Il faut commencer par dire une chose certaine et systématique sur la grossesse, c'est hyper important, fondamental, élémentaire : c'est qu'on l'oublie après. Comme l'accouchement. Vraiment. C'est hormonal qu'ils disent. Et c'est tant mieux (sourire plein de dents).
Alors maintenant dire comment ça s'est passé pour moi... mmm c'était long. J'ai eu peur d'accoucher d'un petit de 3 ans tellement j'ai l'impression d'avoir été enceinte pendant un siècle. Mais ce temps là est nécessaire, pas seulement pour son mec (comme me l'expliquait le chéri de ma BS3) mais pour nous aussi, les nanas. Parce qu'il faut bien partir d'un point : quand on n'a jamais eu de bébé, on n'y connaît rien, on n'est pas préparé à ce qui va se passer, et prendre le temps d'enregistrer l'info, de la digérer, d'en faire une boulette et de jouer avec, ben c'est pas de trop. 
Moi il m'a fallu plus qu'une grossesse pour comprendre ce qui m'arrivait, même si je le voulais fort fort fort hein, mon bébé. 
J'aime bien mon corps et il m'aime bien. On s'entend bien depuis toujours, je prends soin de lui, et il me le rend bien. Il ne me trahit pas, je lui fais une confiance totale. J'ai cette chance là. Alors sur cette lancée lorsque je suis tombée enceinte, j'ai espéré qu'une fois de plus mon corps saurait gérer ce chambardement. Oh je savais que je ne serais pas de la catégorie "je ne suis jamais aussi épanouie que lorsque je suis enceinte", puisque quand je ne suis pas enceinte, je me sens très bien dans mon corps et dans ma tête. Cela ne pouvait donc être que pire. Alors non, je n'ai pas eu de pathologie particulière pendant ma grossesse, j'ai eu la chance d'être rassurée par le corps médical à chaque visite, mais j'en ai eu plein en général. Mes changements d'humeur auront été la plus grande difficulté pendant cette période il me semble. Ils étaient liés à la fatigue, aux hormones, au fait que lorsqu'on est enceinte il est difficile de faire autre chose que... être enceinte. Alors tout ce qui gravitait autour de moi et qui ne me passionnait pas... me gonflait. Première victime : mon chéri. Victimes collatérales : non y'a vraiment que lui.
Il faut que je confesse une chose tout de même. Je n'ai pas réussi pendant ma grossesse, à anticiper ce qui allait arriver. J'explique. Je savais bien que je portais un haricot qui poussait très doucement, puis petit à petit j'ai arrêté de visualiser ce qui se passait. Les coups de pieds m'embêtaient, j'étais gênée, et ramollie du bulbe (on peut faire un aparté et dire que NON les coups de pieds ne font pas du bien ?). Mais à aucun moment je n'étais réellement attendrie par le fait même de porter un enfant. Sauf peut-être quand j'entendais son petit coeur. Je n'avais pas la sensation de porter un enfant, j'étais juste lente et amoindrie, comme malade. Et une maladie qui dure 9 mois merci bien. Je ne me pardonnais pas de ne pas pouvoir faire exactement comme avant. Marcher, monter les escaliers, aller vite, ramasser un truc par terre, etc. J'ai pourtant réussi à faire du sport jusqu'à mes 5 mois de grossesse, jusqu'au moment où monter les marches qui mènent à la salle de sport me suffisait pour être crevée. J'étais handicapée. 
L'haptonomie aurait dû m'aider à "entrer en contact" avec mon bébé. Plouf. Pas du tout. Mon chéri a beaucoup aimé, il a d'ailleurs senti le bébé bouger avant moi (oui oui c'est possible, c'est nul mais c'est possible). Avec le recul je me dis souvent que si j'avais su qu'il allait arriver mon Béboun, celui-là même, celui que j'ai appris à aimer, j'aurais vécu ma grossesse de manière complètement différente. C'est pour ça que je pense que la seconde sera vraiment plus sereine (croise les doigts Public, croise les doigts). "Pas sereine" pas par opposition à "angoissée" parce que je n'étais pas angoissée. Si, seulement par 2 choses : 1/ j'avais peur qu'il soit moche et 2/ j'avais peur de ne pas l'aimer. Et comme le 2 ne s'est pas vérifié, le 1 non plus, puisque la nature fait bien les choses.
Je me suis donc sentie dépossédée de moi-même, je n'avais plus la même peau, la même forme, j'étais condamnée à mettre des habits atroces (v'la la mode pour les femmes enceintes, une vraie galère, autant se mettre un sac de 100 L avec 3 trous sur la tête) alors que ma garde-robe (je sais c'est bête) est une sécurité pour moi. Ma confiance en moi, un bout en tout cas (de la confiance, pas de la garde-robe sinon ça veut rien dire). Et comme je n'ai pas assimilé l'aspect positif de ce qui se passait en moi, j'ai vécu les aspects négatifs à 200%. Acné, hémorroïdes à ne plus marcher, problèmes digestifs, gastriques, phénomène appelé "d'orteils en forme de knaki balls" dû à une grossesse en été, acné à nouveau (dans le dos, dans les cheveux... oui tu as bien lu : des pustules dans les cheveux), nausées accompagné du syndrôme "je mange donc je n'ai plus de nausée". Maîtrise permanente impérative de l'énergie restante, comme dans les jeux vidéos, sinon risque de craquage en pleine rue ('te rappelles Chéri, le soir de la fête des Lumières?).
Voilà ça y est, le pire est dit.
La bonne nouvelle est que j'écris tout ça en ayant oublié 70% de l'histoire. Mon Mec saurait faire un livre, mais comme personne ne lui demande... 
Maintenant, et pour dire comment les choses sont bien faites, je me languis de la seconde grossesse. Parce que je "préparerai" lentement une seconde Frispouille, un crapaud, une crevette... et que j'aurai chaque jour sous mes yeux, le résultat de ma première épreuve :)
Je garde l'histoire de l'accouchement pour la prochaine fois, avant de se mettre à table !