J'ai repassé mes habits.
J'ai acheté un super cahier et un joli stylo feutré neuf.
J'ai sorti ma mallette.
J'ai chargé mon Pass Navigo.
J'ai une idée claire de la chronologie des événements des matins à venir : réveillage, habillage du Poulet, mangeage du Poulet, petit dej, mon habillage et mon maquillage, préparage des repas du Poulet. Démarrage.
Dans la tempête j'ai oublié ma montre mais ce n'est pas bien grave pour quelqu'un qui laisse en permanence son iPhone sur son bureau.

Tout s'est déroulé comme prévu. On avait des cernes sous les yeux (la Poulette estimant qu'il était opportun d'avoir le nez bouché et donc évidemment, de ne pas dormir de la nuit - c'est pas drôle si c'est trop facile).
J'ai eu mal au ventre en le laissant. Je me suis sentie envahie et j'ai eu le souffle coupé par tant de monde à la Défense (retour à la civilisation -méthode intensive). "Bonjour" à 40 personnes. Pas retenu un seul nom. De toute manière je m'en fous de vos noms puisque je vais poser un congé parental dès ce soir. J'ai relu dix fois les mêmes phrases. Chaque fois en pensant au Béboun (il mange, il dort, il s'étouffe avec son nez bouché?).

Ce soir, à 17.45, mon responsable me demande "vous êtes jeune maman, vous n'avez pas quelqu'un à récupérer?" Sachant Public, que c'est Papa le chef du récuperage le soir - mon sang n'a fait qu'un tour.
"Oui oui". "Ben allez-y!"
Ne me le dis pas deux fois mec, je suis déjà debout et j'ai mon sac sur l'épaule.
J'ai des circonstances atténuantes à mon maigre mensonge. Je l'expliquerai à qui de droit quand il faudra négocier pour le Paradis.
C'était la journée la plus longue au mooonnde.
Mais je me dis que le plus dur est fait.
Voilà, j'ai repris. On peut passer à autre chose.

On en parle ou pas de la suite ?