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Oui je sais, ça ressemble à un titre de film d'action améwicain mais ça n'est pas...

En écho à Marjoliemaman qui a fait un super texte sur le jour-d'avant-le-jour J ici, je me permets de faire le mien car j'aime bien l'idée de penser au calme avant la tempête qui te change à tout jamais ! Alors à mon tour !
Nous avions fait un pari sur les dates : le D-Day était prévu pour le 14 aout et mon Chéri avait parié qu'il arriverait le 28 juillet et moi le 6. Nous étions le 28...
Mon jour d'avant était un samedi et il faisait très beau à Paris. Nous savions que ce jour pouvait être LE jour sans à peine y croire (là je parle pour moi). J'avais regardé le temps avancer pendant ces 8 mois et demie, péniblement, lentement. Je ne réalisais plus vraiment qu'il allait y avoir une fin, une libération. 
Nous profitions de nos derniers moments à deux à fond, conscients que nous n'allions vivre nos prochains moments de couple pas avant quelques semaines mois années.
Nous sommes partis en fin de matinée déjeuner en terrasse (moment suffisamment rare à Paris pour s'en rappeler précisément). J'avais mis la robe noire toute moulante que mon Chéri adorait (moi beaucoup moins à cause d'un trop grand nombre de rondeurs…) et ma super capeline noire.  Bon, j'avais des tongs car mes orteils étaient en mode knaki-balls (cf photo).
Nous avons partagé deux assiettes de tomates-mozzarella et melon-jambon de parme arrosées de beaucoup trop de vinaigre balsamique (à faire transpirer sinon c'est qu'il n'y en a pas assez). Je me souviens avoir ri, beaucoup ri. On a passé un moment extraordinaire et on se l'est d'ailleurs dit plus tard dans la journée… qu'on avait passé un moment comme on sait se les créer, dans notre univers, notre délire très personnel, notre complicité unique.
Lorsque nous sommes rentrés, je me suis allongée pendant que mon Chéri a monté la table à langer. Parce que la valise était -presque- prête (enfin la liste l'était surtout) et le lit monté, mais la table à langer… pas encore. 
Trois coups de tournevis plus tard, un rangement d'habits et autre gants et bonnet (à croire qu'on partait au ski plus qu'à la mater), il était l'heure de manger. Je me souviens des fenêtres ouvertes sur la rue, de la chaleur de cette journée, de l'appartement tellement lumineux. On a mis un film, affalés sur le canapé : Gladiator. Le film qui dire 3 jours !
A mi-chemin, je me tourne vers mon Chéri et ooops je fais une tête bizarre… je perds du liquide. Petite parenthèse à ce moment-là : les semaines précédentes, nous nous étions rendus plusieurs fois à la maternité pour divers problèmes légers mais pénibles, à chaque fois pour un monito de 2 heures, à 2 heures du matin… Donc là je me dis, y'a pas moyen de bouger, on finit le film. Après moultes négociations, mon Chéri et moi appelons quand même la maternité et le verdict tombe (attention scoop médical) : si tu es à 8 mois et demie et que tu perds de l'eau, tu pars à la maternité sans discuter. Ah la plaie ! Je grogne, et on enfile ce qu'on trouve. On prend surtout l'ordinateur sous le bras pour finir le film pendant le énième monito qui ne sert à rien. Note bien Oh-Public-si-fidèle, que nous partons SANS la valise hein, sinon c'est pas drôle.  Je n'ai mal nul part, ma nouvelle culotte est sèche, tout va bien pour pouvoir continuer à regarder notre film et rentrer au plus tôt. 
On attrape le dernier bus pour la maternité en courant (oui, en courant) à minuit et en toute décontraction nous arrivons devant une sage-femme qui confirme en m'auscultant : "oui, c'est bien les eaux". 
"Vous semblez surprise…?". Oui ! Euh… c'est à dire que moi j'avais film ce soir, pas accouchement.
Voilà, tout ça pour dire que mon Chéri a gagné le pari puisque j'ai perdu les eaux à 23h30, bien qu'il soit né le lendemain… 
La photo du jour : 4 jours avant, il faisait chaud, il faisait faim... y'avait qu'à utiliser la baignoire du Poulet pour se rafraîchir tant qu'il était pas là hihi
 
On en parle ou pas du moment où on réalise que "ça y est, c'est maintenant!" ?