Et encore moins physiologiquement, naturellement, sans péri, etc.
Il va falloir faire le deuil de tout ça, nous a dit le docteur.
Disons pour être élégante, que tout n'est pas à une place optimale permettant la sortie du Poussin par voie basse ! Et qu'il faut se préparer à l'idée que j'aurai probablement une césarienne.
Chiotte.
Après m'avoir arraché mon bébé la 1ère fois en faisant pied de biche avec des forceps, je n'aurai pas le droit de faire sortir mon Crapaud normalement cette fois non plus.
"Se préparer à l'idée". "Faire le deuil d'un accouchement".
Oublier le ballon, la piscine, les massages, la préparation par la sophrologie, la préparation tout court : je pourrais le faire. Mais me préparer à l'idée d'avoir le ventre ouvert alors que je suis réveillée -
Non.
Être ouverte et éveillée.
C'est pas une méthode de torture ça ?
Qu'est-ce qu'il restera du côté physiologique ? Rien. Keutchi.
J'aurai les bras en "Jesus-style", dans une pièce de 12 degrés, sans mon Tchéwi : seule au monde et frigorifiée . On me mettra sous le nez le bébé sorti de son four qui n'avait rien demandé (parce qu'on prend rdv pour une césarienne, on n'attend pas que le travail se déclenche naturellement : c'est qu'ils ont un agenda les médecins) et on me l'enlèvera aussitôt.
Comment allaiter ?
Comment créer et maintenir un lien entre le Ptio et moi ? Comment réussir à le reconnaître et l'aimer alors qu'on me l'enlève pendant qu'on passe l'aspirateur dans mon utérus et qu'on coud mon ventre devenu flasque ?
Moi qui doutais d'arriver à aimer cette petite chose qui sortirait de moi la première fois, me voilà bien pétrifiée la seconde.
Je n'ai jamais été opérée, ni même jamais été malade. J'ai cette chance. Je ne suis jamais allée dans un bloc opératoire. Je suis frileuse à souhait et j'ai littéralement peur du froid.
Mon Mari devait m'annoncer le sexe du bébé quand il le verrait lui-même, quand il sort. C'était le deal la première fois. Je lui annonce que je suis enceinte et il me dit Grenouille ou Crapaud. Et là ? C'est la sage-femme derrière son masque qui nous dira ? Qui ME dira ?
Peut-être devrait-on demander maintenant alors ?

Et si je re-signe pour des forceps, on peut revenir en arrière et tout arrêter ? Parce qu'en fait : je veux pas de tout ça. Ça ne me dit vraiment rien. Mais alors rien du tout, et je ne suis pourtant pas la moins courageuse je crois.

Je vais digérer. Je vais m'y faire. Et réussir à y aller et vivre cette naissance en profitant de ce moment sans être tétanisée d'angoisse.
Ou pas.

PS : je crois avoir compris pourquoi tout ça arrive : ce doit être une FILLE ! Elle trouve déjà une solution de princesse pour sortir sans galérer, me faire flipper et passer un bon moment seule avec son père en peau à peau. La vilaine. Qu'elle essaie de me piquer mon maquillage celle-là, on en reparlera un moment du coup de la césarienne !

La photo du jour : je vais l'appeler le Monsieur Amara, il parle pas de césarienne mais je suis sûre qu'il aurait une solution à mon problème...