Cinq semaines d'hospitalisation, c'est intégrer une micro-planète avec ses propres codes. 

Pour mon retour dans mon rayon "patho", j'ai demandé une chambre seule, que j'ai obtenue pour une raison qui m'échappe un peu, sachant que la liste d'attente était longue (j'ai proposé des services sexuels de mon Chéri à l'ensemble du personnel, peut-être que ça a fontionné ? Il faudra qu'on en reparle). 

Donc c'est le grand luxe : j'ai une télé, un ordinateur portable pour internet et les films, un placard avec provisions, tout un étage du frigo commun des patientes monopolisé, une cafetière Nespresso avec 3 parfums de capsules, des piles de livres et de magazines. Et depuis hier : j'ai un matelas NEUF. Je pense qu'en fin de compte, je ne rentrerai pas chez moi (ou alors avec le matelas sous le bras) ! 

Il manque toujours une cuvette des toilettes et un cuisinier digne de ce  nom. 

Je suis tombée dans le tourbillon infernal du tricot, au point que toutes les sages-femmes me commandent des écharpes (les plus folles me demandent des couvertures, mouarf, les inconscientes, elles peuvent toujours attendre). J'ai évité (pour le moment) des pièges atroces comme : jouer à candy crush, faire des paris en ligne ou regarder toute la journée les comémorations du débarquement par exemple. Comme dirait  Titiou Lecoq (lisez son livre, c'est TOP), "sans télé, on ressent plus le froid". Donc je me tiens chaud, suffisamment pour m'abrutir. Alors je ne la mets plus que pour mater RG (Roland Garros, banane, tu vis dans une grotte ?).  Si déjà j'avais accès au Replay de Canal Plus ce serait différent. 

Pour le reste du micro-environnement qui m'entoure, il y a le personnel (très hiérarchisé) de l'hôpital. Toutes (uniquement des femmes) sont formidables, je n'ai compté qu'une seule sage-femme-option-raclure. 

Par contre, il faut s'habituer à ne plus avoir d'intimité. N'importe qui rentre dans la chambre, après avoir frappé mais pas obligatoirement, ou même frappe à la porte de la salle de bain pendant ma douche (elle est occupée la dame, là, c'est pas clair ?). Il n'y a pas non plus de room-service ou de conciergerie (pas d'esthéticienne, pas de coiffeur). 

Rester allongée peut parfois avoir des conséquences  surprenantes : j'ai retrouvé une cuillère en plastique en baissant ma culotte pour faire pipi, j'ai trouvé un stylo sous mon débardeur plusieurs heures après l'avoir utilisé. J'ai peur de retrouver tôt ou tard d'autres objets qui ne sauront plus identifiables là où je pense... 

J'ai même cliqué d'ennui sur "j'ai de la chance" sur la page d'accueil de Google. C'est dire.

 

Voilà pour mon petit quotidien. Je ne serai plus bonne à rien en sortant, c'est annoncé. Après avoir passé 2 mois à attendre que le temps passe, en mangeant à heure fixe ce qu'on veut bien m'apporter. Mais bon après tout, quand y'a pas l'choix...

La  chanson du jour : c'est long à venir mais ça vaut le coup (comme plein de trucs - sourire avec dents) et ça pète bien. Musique de la pub Diesel. Bouge ton boule toi qui ne risques pas les contractions !

des B.